Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée :
Guillaume,
moi,
Laurent (B),
Charles,
Théo,
Richard,
et David (L).
Nous mangé des salades au chorizo, au chèvre tiède ou au poulet et au curry,
des aiguillettes de canard, des côtes de veau,
et je suis parti avant les desserts.
Nous avons bu un Ricard, une vodka, de
la bière Orval et Leffe et une bière à la grenadine
dans laquelle on ne sentait quasiment pas le goût du sureau.
Laurent est de nouveau revenu sur le sujet des
vidéos de
FPW-2011
qu'il n'a pas encore commencé à monter.
Cette fois-ci, il ajoute que si l'on peut déplorer
sa passivité sur ce sujet, on peut également
déplorer la passivité des autres, puisque personne
n'a cherché à savoir sur quel site ces vidéos étaient
(ou auraient dû être) disponibles. De la même manière,
il ne sait pas si le wiki du site web a été mis à
jour après la dernière journée (il pense que non).
Finalement, il y a eu des papiers demandant aux
participants s'ils avaient apprécié la conférence
et comment ils en avaient entendu parler. Ces papiers
ont été récupérés, mais personne ne les a analysés
et personne n'a demandé le résultat de cette analyse.
Comme le fait remarquer Guillaume, l'essentiel
c'est que les participants pensent qu'on souhaite
connaître leur avis et leurs impressions.
Il y a une réunion technique de prévue deux semaines
après la réunion, le 23. On ne sait pas quel en est
le programme. Il y devrait y avoir une présentation
par Stéphane, sauf s'il y a une réunion
JavaScript
le même jour. À part cela, mystère.
Et Damien n'a rien envoyé sur aucune liste.
Espérons que cela ne tardera pas à venir
et que les messages arriveront rapidement.
[ La réunion technique a bien
été annoncée
et elle a bien eu lieu, à la date indiquée.
]
La Maison des Associations du 12e Arrondissement
est nettement plus centrale que
celle du 17e
et est donc plus
commode d'accès, sauf pour Charles et pour
moi. Le seul inconvénient de cette MA,
c'est qu'elle ne dispose que d'un seul
vidéo-projecteur pour toutes ses salles.
D'où un sujet lancé sur la liste de l'association
par Charles, évoquant l'achat éventuel d'un
vidéo-projecteur par l'association.
Charles regrette que cette discussion ait tourné
court et Laurent ne s'en souvient plus.
J'en ai un vague souvenir et je promets de faire
des recherches dans mes archives. En fait
le lendemain de la réunion, je n'ai pas
retrouvé le message d'origine de Charles,
mais j'ai retrouvé la réponse de Laurent
contenant le texte du message d'origine
et j'ai renvoyé cette réponse sur la liste CA.
Charles et Laurent ont tenté de se rappeler
les caractéristiques techniques des vidéo-projecteurs
qu'ils ont vus sur catalogue ou en démonstration.
Surtout, ne pas acheter sur catalogue, mais seulement
après démonstration. L'une des caractéristiques les
plus importantes est le niveau de bruit du système
de refroidissement : s'il couvre la voix de l'orateur,
l'intérêt de l'appareil sera nettement moindre.
Une autre caractéristique est la puissance lumineuse
qui est exprimée en lumens, alors que nous sommes
habitués aux watts des ampoules d'éclairage.
Il y a également la dimension de l'image affichée,
mesurée comme d'habitude avec la diagonale comme
pour les écrans. Et il y a enfin le rapport de la
largeur à la hauteur, les fameux 4/3 ou 16/9.
Laurent me rappelle que c'est le moment d'une
nouvelle campagne de nettoyage de la liste
adhérents. Cette opération a pour but de
repérer les adresses que les gens n'utilisent
plus et pour lesquelles ils ont oublié d'envoyer
la demande de désabonnement. Les adresses en question
sont celles pour lesquelles il n'y a eu aucune activité
sur la liste depuis un an. En fait, je venais de faire
une opération très ponctuelle de nettoyage de la liste,
pour éliminer une adresse périmée mais qui a eu
une activité soutenue sur la lsite adhérents.
Il s'agit de
Franck.
J'ai vu passer ses deux
requêtes de désabonnement pour son adresse
lumberjaph.net
pour les listes Paris
et Perl, puis ses deux demandes d'abonnements
avec son adresse
GMail
pour les mêmes listes.
Puis il a répondu à la consultation sur le sponsoring
du hackathon 2012, sur la liste adhérents, avec son
adresse GMail. Cette adresse n'étant pas déclarée
dans cette liste, elle a été mise en attente de modération.
Et elle y est restée jusqu'au moment où j'ai consulté
le tableau de bord
MailMan
de la liste adhérents, le mardi veille de la réunion.
Après avoir validé le message de Franck, je lui ai
envoyé un petit mot pour lui demander de régulariser
la situation.
Il a été question d'une particularité du site
metaCPAN
qui présenterait la
page de BooK
avec la couleur rose. Apparamment,
j'ai consulté le site et
ce n'est pas le cas.
Il paraîtrait également que cette couleur
aurait le code 1970, ce qui ferait penser que
ce code a été choisi à la fois comme couleur
rose et comme représentant une année de naissance.
Année de naissance, je veux bien, mais je ne
vois pas comment obtenir un triplet RGB représentant
du rose avec ce nombre 1970.
Nous avons enchaîné avec la couleur
chartreuse
et la boisson homonyme.
Charles connaît la boisson, qui existe en
deux variantes, l'une jaune et l'autre verte.
Il ne connaît pas la couleur, présente
dans le fichier
rgb.txt
de X11 et de X.org
(et donc également dans
Acme::MetaSyntactic::colours).
Rappelons que cette couleur
désigne une nuance de vert et
que c'est la couleur préférée de
Larry Wall.
Apparamment, Charles ne connaît pas ce point du folklore
Perl.
Il a été question des vols de données personnelles
et des escroqueries et impostures (vol d'identité
comme on a tendance à dire maintenant) qui en résultent.
Si le vol a lieu sur le territoire des USA, les
Américains disposent d'un (faible) recours, mais
en revanche, les étrangers n'en ont aucun. Pis,
le gouvernement américain s'arroge
le droit de perquisition
sur toute donnée informatique présente
sur le territoire américain, même si c'est seulement
un miroir de données hébergées sur un serveur à
l'étranger. Et le PATRIOT-ACT a d'autres clauses,
comme la possibilité pour le FBI de demander
à un bibliothécaire la liste des livres
empruntés par tel ou tel individu, qu'il soit
suspect ou non.
Quand je suis arrivé, Guillaume venait de lire une
information
annonçant qu'une firme américaine venait d'inventer
un porte-documents pare-balles. Les policiers ne portent
pas toujours un gilet pare-balles parce que c'est lourd
et que cela entrave les mouvements. En revanche, ils ont
toujours un porte-documents (une planche avec une pince à
papier en haut) pour rédiger un PV ou écrire quelques
notes. Donc, pourquoi ne pas disposer d'un ustensile
qui pourrait remplir les deux fonctions ?
Je rappelle que quelque chose d'analogue existe
déjà avec les mallettes que portent les gorilles
qui accompagnent nos hommes politiques.
Je pense notamment à l'épisode où Lionel
Jospin s'était fait caillasser par des palestiniens
et où ses gorilles avaient ouvert leurs mallettes
autour de lui pour le protéger.
J'ai évoqué une publicité assez ancienne sur
ce sujet, mais je ne me souviens plus laquelle.
Je me rattrape ici avec une autre publicité que je
n'ai pas eu le temps d'évoquer lors de la réunion.
On y voit un individu, genre parrain de la mafia,
assis sur le siège des toilettes. Apparaît alors
une tache lumineuse rouge qui se promène sur son
thorax. Le mafiosi prend alors une feuille de papier
toilette et s'amuse à suivre la tache rouge avec.
Jusqu'au moment où une balle de fusil s'écrase
sur le papier toilette XYZ, le papier
toilette qui ne se perce pas !
Il y a les mallettes pare-balles, il y a également
comme l'explique Charles les mallettes
anti-explosion. Lorsque l'on détecte un
colis suspect dans un lieu public,
les équipes de déminage couvrent ce colis
avec une de ces mallettes de façon que si
le colis décide d'exploser à ce moment-là,
l'explosion soit contenue.
Comme nous avons évoqué les gilets pare-balles
et les équipes de déminage avec des vêtements
protecteurs encore plus encombrants, cela me
rappelle le film
Démineurs
sorti il y a deux ans, dont Guillaume
a entendu parler mais que les autres n'ont
pas l'air de connaître. Ce film décrit
le travail des équipes américaines de déminage en Irak
et on y voit l'équipement en question.
Un démineur, de mensurations normales lorsqu'il
n'est pas en service, se retrouve avec une
silhouette obèse et bouffie lorsqu'il revêt
sa tenue de déminage et qu'il intervient
sur un colis suspect. Il n'y a plus que les mains
qui restent à l'extérieur, car on estime qu'il vaut mieux
disposer de toute l'habilité manuelle pour déminer
les engins explosifs, même si cela entraîne le risque
d'une amputation des deux mains dans le cas d'une
explosion prématurée. À part qu'à un moment du film,
alors que le démineur était en train de farfouiller
dans le coffre d'une voiture piégée, il décide de faire
une pause, d'enlever tous ses vêtements de protection
pour ne plus garder que le treillis réglementaire
du trouffion moyen. Son
explication :
« Il y a tellement d'explosifs dans cette
voiture pour nous propulser jusqu'au ciel [ et le vêtement de protection
ne fera aucune différence ]. Donc, s'il faut mourir, autant mourir à l'aise. »
Nous avons parlé des récentes guerres dans lesquelles
les États-Unis se sont impliqués. Pour la Guerre
du Vietnam, voir
ci-dessous en annexe.
Pour la Guerre d'Irak en 2003, nous avons mentionné
les armes de destruction massive, comme cette fiole
de toner d'imprimante que Colin Powell a exhibée
en pleine réunion des Nations-Unies.
Quelqu'un a dit que les armes de destruction
massives étaient un prétexte auquel personne n'a
cru [ pas si sûr ; à mon avis, il y a eu pas
mal d'Américains qui y ont cru de bonne foi, faute de
s'informer ailleurs que sur Fox News. Et j'ai même eu
le cas d'un collègue, qui réside en France, qui croyait
en leur existence.
]
Il paraît que l'arrêt de travail de la veille dans le RER B
n'était pas une grève, mais un
droit de retrait.
Les employés de la
RATP
ont exercé leur droit
de retrait, à cause du danger grave
et imminent que leur faisaient
courir les garnitures de frein en
amiante.
Comme Charles le fait remarquer, pour les
risques liés à l'amiante,
il n'y a pas d'effet de seuil ni
d'effet de cumul. Dès la première micro-fibrille que
vous inhalez, vous êtes en danger. Guillaume enchaîne
avec le cas de la faculté de Jussieu, dont le chantier de
désamiantage s'est terminé il y a peu de temps.
Comme l'activité de la fac n'a pas été suspendue
pendant ce temps, de nombreux amphis étaient
« emballés » dans des bâches de plastique
pour isoler les parois et ne pas affecter les étudiants.
D'autre part, on s'est préoccupé (à juste titre) du personnel
de la fac, exposé pendant plusieurs années à l'amiante
avant le début du chantier.
Mais on ne s'est absolument pas préoccupé des étudiants,
qui ont travaillé dans les mêmes locaux à la même
époque pendant plusieurs années également.
Charles a rencontré au
Père-Lachaise
une personne
qui s'est adressée à lui pour se plaindre de
la pollution au mercure. Cette personne attribue
la pollution au mercure au
crématorium du Père-Lachaise.
Est-ce dû à tous ceux qui ont eu des dents plombées
et qui se sont fait incinérer ? Charles a vérifié
sur le
site web d'Air-Parif
et il a constaté qu'en effet, il y a localement une
pollution localisée avec une concentation plus
forte de mercure. Quant à savoir si cela est dû aux
plombages des gens incinérés, Charles ne nous a
pas donné son avis.
Il a été question également de pollution radioactive.
Je n'ai pas tout retenu de ce qui a été dit.
Voici les bribes de ce que j'ai retenu :
les compteurs de radio-activité ont été débranchés
sur ordre à l'occasion d'un épisode passé, mais je
n'ai pas compris s'il s'agissait de Fukushima
ou de Tchernobyl.
D'autre part, on conseille vivement aux propriétaires
de maison d'aérer leur cave, surtout s'ils se trouvent
dans une zone granitique. Cela permet ainsi d'éviter l'accumulation
de radon. Finalement, les postes de la sécurité
nucléaire sont quasiment tous occupés par
des X-Mines (qu'il ne faut surtout
pas confondre avec les « simples »
ingénieurs des Mines).
David nous raconte un incident qui lui est arrivé
récemment dans le métro. Ou plutôt il tente de nous
raconter, car il n'a pas tout compris. Une usagère
du métro a perdu une chaussure au moment de monter
dans le métro et elle a tenu David pour responsable
de cette perte. Or David ne se souvient pas avoir
marché sur une chaussure, ce qui aurait conduit
la propriétaire de cette chaussure à se déchausser
involontairement. Laurent trouve cela curieux
également, lorsque l'on sent la chaussure qui
se détache du pied, on a plutôt tendance selon lui
à revenir en arrière pour récupérer la chaussure ;
pourquoi la femme en question ne l'aurait pas fait ?
En évoquant la possibilité (qui ne s'est pas réalisée)
où la femme aurait pu demander une indemnité à David,
Charles évoque une escroquerie dont il a entendu parler.
Vous êtes dans la rue quand quelqu'un vous rattrape en courant
et vous tend un petit bijou : bague, boucle d'oreille.
Cette personne vous demande si le bijou vous appartient.
Vous pouvez être tenté de répondre par l'affirmative,
espérant gagner ainsi un bijou sans rien débourser.
La personne vous fait alors remarquer que si elle n'avait
pas vu le bijou tomber, vous auriez perdu une grosse somme.
C'est donc bien le moins que vous puissiez faire de lui
accorder une récompense d'une dizaine d'euros.
Vous lui donnez alors la somme demandée et la personne
vous donne « votre » bijou. Et un peu plus
tard, lorsque vous négociez la vente de ce bijou, vous
apprenez que c'est du toc et qu'il ne vaut pas la dizaine
d'euros que vous avez déboursée.
Charles a eu un incident également dans le RER avec
la fermeture des portes. Il s'est retrouvé
avec le poignet coincé par la porte, lui se trouvant
à l'extérieur de la rame et sa main à l'intérieur.
Comme la porte ne s'ouvrait pas, il a un moment
cru qu'il allait faire une étape perché sur
le marchepied. Mais la porte s'est finalement ouverte
avant le démarrage du train. Charles est persuadé que
le chauffeur a fait exprès de tarder à rouvrir la porte,
pour lui donner une leçon. Laurent trouve quant à lui
déplorable cette attitude consistant à vouloir à tout
prix prendre le métro ou le RER sur le quai, alors que
le signal se met à sonner et qu'il
y en a un autre RER quelques minutes plus tard. Lorsque le signal
sonne, cela indique qu'il ne faut plus chercher à entrer.
Peut-être que cela rentrera dans les mœurs
lorsque l'on remplacera les boudins de caoutchouc des
portes par des lames métalliques.
Un autre incident de RER, est arrivé
si je me souviens bien à un collègue de David.
Après une soirée bien arrosée, le collègue
a pris le RER A direction Poissy pour regagner
son domicile à Maisons-Laffitte. Mais il s'est endormi
dans le RER, est allé jusqu'au terminus à Poissy,
est reparti dans l'autre sens jusqu'à l'autre terminus
à Boissy-Saint-Léger et s'est réveillé là-bas, au
dépôt de Boissy-Saint-Léger. Il a alors fallu qu'il
appelle son épouse en pleine nuit pour qu'elle vienne
le chercher, donc un trajet nocturne de Maisons-Laffitte
à Boissy-Saint-Léger et retour. Seul point positif,
à cette heure-là le périphérique est relativement fluide.
À l'inverse, certains incidents de train se finissent
de façon positive. Il est question d'une personne
atteinte de troubles de mémoire qui a pris le train.
Hélas, elle s'est trompée de quai et elle a pris le train
pour une mauvaise destination. Le contrôleur s'est
aperçu que la personne n'était pas dans le bon train.
Heureusement, cette personne marque systématiquement
ce qu'elle doit faire dans un carnet, en raison de
ses troubles de mémoire. C'est ainsi que le contrôleur
a pu déterminer où la voyageuse devait aller.
Et en téléphonant aux différentes gares, le contrôleur
a pu constituer un itinéraire pour la voyageuse qui
a pu arriver à destination avec un retard compréhensible.
Également, la gare d'arrivée était prévenue, donc elle
a pu passer un message pour les personnes venues attendre
la voyageuse. Cela dit, elle ne veut plus prendre le train
sans être accompagnée.
Quel est l'avantage
d'Autolib' ?
On a déjà
Hertz-Connect
pour ceux qui acceptent de conduire leur véhicule
et les taxis, pour ceux qui ne souhaitent pas
se mettre au volant. Des mauvais esprits pensent
que c'est un moyen détourné pour supprimer des
places de stationnement dans Paris et donc, de réduire
le nombre de voitures.
Et à ce propos, nous nous sommes demandé quelle était la proportion
de voitures particulières pour les habitants de Paris, ou la
proportion de voitures par foyer habitant Paris. Mais nous n'avons
pas obtenu une estimation qui nous paraisse fiable.
David raconte qu'il dispose de nombreuses chaînes de télévision,
dont quelques télévisions locales. Le contenu est parfois
déplorable, c'est juste une personne qui se balade dans
le quartier avec une caméra vidéo et qui diffuse cela
sur la chaîne locale.
Dans le quartier où habite Charles, se trouve la
« Maison des Supélec ».
Habituellement, les associations d'anciens élèves ont leur siège
dans les locaux de l'école correspondante. Ce n'est
pas le cas pour
Supélec,
qui dispose d'un hôtel
particulier dans le 17e. Charles suggère
d'annexer ce bâtiment et de remplacer la mention
« Supélec » des panneaux extérieurs
par « Perl ».
Deux anecdotes similaires sont arrivées à David
et à moi, David en tant qu'acteur et moi en tant
que simple spectateur. David devait aller de
Paris à Munich en avion. L'avion stationnait
loin du terminal, donc les passagers étaient convoyés
par bus depuis la porte d'embarquement.
L'avion de David est appelé. Celui-ci présente
sa carte d'embarquement, prend le couloir et arrive au
bus de convoyage. Ce bus est complet, il prend donc
le bus juste derrière. David monte dans l'avion
et le trouve assez peu rempli. Le temps passe,
l'heure prévue de décollage est atteinte puis dépassée,
et rien ne se passe à l'intérieur de l'avion. Il y
a juste le personnel de bord qui parle longtemps
au téléphone avec le pilote ou avec l'aéroport.
Quand enfin, une annonce est diffusée dans l'avion,
demandant justement si David est à bord. Il répond
aussitôt et il apprend ainsi qu'il se trouve dans
un avion en partance pour Hanovre.
Et cet avion, ainsi que l'avion pour Munich,
ne pouvaient pas partir car le compte de passagers
était mauvais dans les deux cas. Ce qui s'était produit,
c'est que la porte d'embarquement servait pour deux
vols se suivant à quelques minutes d'intervalle,
donc il y a eu un bus pour l'avion de Munich et
un autre bus pour l'avion d'Hanovre. David a pris
le mauvais et il faut reconnaître qu'il n'avait aucun
indice lui permettant de différencier les deux bus,
ni les deux avions à part le coefficient de remplissage.
L'épilogue est qu'il a été conduit vers le bon avion,
non pas dans un bus, mais dans un véhicule de service
de la taille d'une voiture particulière et il a pu
ainsi profiter de la façon de conduire particulière
aux aéroports.
Quant à moi, c'était plus bref. Lorsque j'ai pris l'avion
de retour de
YAPC::Riga,
je me suis installé à ma place dans l'avion.
Quelques minutes plus tard, une personne se présente
à la rangée derrière la mienne et demande
à une passagère déjà assise :
Pouvez-vous vous déplacer, s'il-vous-plaît ?
Je suis à la place 17A.
La passagère assise répond :
Mais c'est ma place.
et elle montre le talon de sa carte d'embarquement.
J'ai tout de suite pensé
à cette pratique déplorable qu'est le
surbooking et je ne devais
pas être le seul. Mais après
une petite discussion, la passagère debout
a remarqué que la carte d'embarquement de la
passagère assise indiquait la destination
d'Amsterdam. Et la passagère assise s'est
alors levée, a pris ses cliques et ses claques
et a quitté l'avion. Elle a dû pour ce faire
remonter le courant des autres passagers
encore en train d'embarquer et de s'installer.
Je ne sais pas si ensuite elle a eu le droit
à un petit tour en véhicule de service
sur la piste de Riga. Mais pour autant que
je me souvienne, l'avion pour Paris n'a
pas eu de retard important.
Dans un cas comme dans l'autre, cela
laisse rêveur si l'on considère les nombreuses
« mesures de sécurité » destinées à
empêcher les terroristes méchants vilains pas beaux
d'accomplir leurs méfaits sur le transport
aérien.
Laurent évoque les formalités pour se rendre aux États-Unis.
Les frais pour cette démarche représentent 14 euros.
Et si l'on vous refuse l'accès, vous payez quand même
4 euros au lieu de 14. En fait, il ne s'agit pas
d'obtenir un visa, mais une exemption de visa. C'est pour
cela que les règles ne sont pas les règles habituelles
des visas (règles que nous n'avons pas détaillées
lors de la réunion). Et la justification
du prix à débourser est le prix du traitement informatique
associé à cette démarche.
Et lorsque vous êtes admis à entrer aux États-Unis, il
faut encore affronter les services de l'immigration
à l'arrivée. La plupart du temps, dans les grands
aéroports internationaux, ce ne sont pas des
joyeux lurons qui respirent la joie et la bonne humeur,
mais des bureaucrates coincés, voire constipés. Parfois
cependant, dans des aéroports de moindre importance,
on peut arriver à dérider un peu les officiers de
l'immigration. C'est arrivé à Guillaume et sa compagne,
quand ils ont atterri à Salt-Lake-City et qu'ils
ont annoncé que leur destination finale était l'Idaho.
Le préposé à l'immigration a éclaté de rire :
« Mais qu'est-ce que vous allez faire
dans l'Idaho ?! »
L'une des nouvelles récentes est la démission de
Berlusconi du poste de premier ministre d'Italie.
Je m'étonne qu'il lâche le pouvoir aussi facilement.
On m'explique alors qu'il démissionne juste après
avoir fait adopter un plan de rigueur et avant
de le mettre en application. C'est donc son
successeur qui aura la lourde tâche d'appliquer
ce plan et qui en subira les effets indésirables.
Berlusconi aura alors tout loisir de revenir
au pouvoir avec une popularité intacte.
Si au Portugal, en Espagne, en Grèce et en Italie,
les gouvernements tombent à cause de la crise
financière, la Belgique est immunisée contre
ce phénomène. En effet, le pays n'ayant pas de gouvernement,
ce dernier ne peut pas tomber.
Pour reprendre la
discussion du mois dernier
sur les avionneurs américains (ceux qui lestaient au
béton des avions destinés à voler), Charles raconte
que lorsqu'un contrat n'était pas rempli, le Pentagone
imposait des pénalités financières à l'industriel qui n'avait pas
pu livrer son équipement à temps. Et en général, les
industriels pénalisés ne cherchaient pas à contester
ces pénalités, car ils savaient que s'ils le faisaient,
ils ne figureraient pas parmi les destinataires
des prochains appels d'offres. Il était donc
plus rentable à moyen terme de payer les pénalités
sans moufter.
Nous avons parlé des avions qui servent de
décoration à l'entrée des bases aériennes
ou des aéroports, avions qui sont délibérément
lestés au béton pour éviter qu'un coup de
vent les fasse s'envoler. Il y a toujours le
risque qu'un héros de film hollywoodien s'empare de l'un
de ses avions pour décoller et échapper aux méchants.
On ne m'a pas donné le nom du
« chef d'œuvre »
auquel il était fait allusion.
J'émet d'autant plus de réserves que
je pense que ces avions de décoration
sont dépourvus de tout équipement.
Quant au carburant, cela fait belle lurette que
les quelques gouttes restantes se sont évaporées.
Laurent signale qu'un tel avion, un Mirage,
se trouve à l'entrée de la base aérienne
du boulevard Victor, à Paris intra-muros.
Et il reste des équipements, puisque l'on
voit le siège éjectable. Puis il se rectifie
en disant « ou au moins le haut
du siège éjectable ».
La base aérienne est située sur le boulevard
Victor, à proximité immédiate du boulevard
Martial Valin. Le général Martial Valin
a été le commandant en chef des Forces Françaises
Aériennes Libres, de 1940 à 1944. Et nul doute
qu'il a été ensuite nommé
Maréchal
d'Empire
par Napoléon, puisque son boulevard fait partie
du boulevard des Maréchaux.
Nous nous sommes interrogés sur l'origine
du grade (ou plus exactement de la distinction)
de maréchal.
Même si les plus connus sont les
maréchaux d'empire, suivis de peu par les maréchaux
des deux Guerres Mondiales (Joffre, Foch, Pétain, Leclerc, Juin
entre autres), le maréchalat existait bien avant
l'Empire. Charles mentionne
d'Artagnan,
qui a reçu
son bâton de maréchal juste à sa mort au siège
de Maastricht. Effectivement, quand Charles a rappelé
cette anecdote, je me suis souvenu que c'était
l'épilogue
du Vicomte de Bragelonne et l'un des rares
passages intéressants de ce très (trop) long roman.
Notons que comme c'est Alexandre Dumas qui
écrit cela, c'est forcément la vraie vérité historique
réelle indéniable.
Mais il y a eu des maréchaux bien avant, comme le maréchal
Anne de Montmorency.
Et Laurent ajoute les maréchaux des logis ou les maréchaux-ferrants.
Et parlant des industries d'armement en France,
Charles évoque Lagardère.
Jean-Luc Lagardère,
et non pas
Arnaud Lagardère
comme le pensait Laurent. Du temps où il s'occupait de Matra,
Lagardère passait dans tous les services au moins
une fois par an, pour pouvoir rencontrer tous
ses employés et avoir une idée du climat dans
la boîte, sans se reposer uniquement sur l'avis
de ses collaborateurs directs.
Comme nous parlions de savoir comment Franck
devait faire pour synchroniser ses discussions
IRC avec nous, nous avons évoqué les fuseaux
horaires et, par enchainement d'idée,
les changements d'heure. Je ne sais pas pourquoi,
quelqu'un a parlé du
fuseau horaire de Phoenix,
alors que d'une part Franck n'a rien
à voir avec l'Arizona, d'autre part l'Arizona
est l'un des états qui n'appliquent pas le changement d'heure.
De notre côté de l'Atlantique,
la règlementation européenne n'impose pas
aux pays de changer d'heure. En revanche,
si un pays décide d'avoir une heure d'été,
ce pays doit changer d'heure à la date et à l'heure (UTC) imposées
par l'Union Européenne.
Avec le programme suivant, vous pourrez constater que l'Arizona
n'a plus eu de changement d'heure depuis 1968.
## Vidage d'une structure de fuseau horaire## bug 1 : ne respecte pas l'API de DT::TZ# bug 2 : la base de données Olson et DateTime->add ne sont pas# du même avis pour les secondes intercalairesusev5.10;usestrict;usewarnings;useYAML;useDateTime;useDateTime::TimeZone;my($fuseau) = @ARGV;$fuseau //= 'America/Phoenix';my$tz = DateTime::TimeZone->new(name=>$fuseau);my$orig = DateTime->new(year=>0,month=>12,day=>31,hour=>0,minute=>0,second=>0,time_zone=>'UTC');sayq("zéro janvier" de l'an 1 : ),$orig->iso8601;#print YAML::Dump($tz);formy$span(@{$tz->{spans}}){nextunless$span->[0] =~ /^\d+$/;#say $span->[0];my$dtu = $orig->clone->add(seconds=>$span->[0]);# UTCmy$dtl = $orig->clone->add(seconds=>$span->[2]);# localsay$dtu->iso8601,' ',$dtl->iso8601;}
Et Laurent demande comment se passe le trafic de la SNCF
lors du changement d'heure. Est-ce que les trains de nuit stationnent
pour laisser passer l'heure supplémentaire du changement d'automne ?
En fait non, étant donné que le changement d'heure occasionne
une surcharge de travail pour les agents de la SNCF, ceux-ci
se mettent en grève
à chaque fois.
Nous avons évoqué Pierre Desproges et
certaines
de ses
citations.
Par exemple :
Il vaut mieux rire d'Auschwitz avec un juif que jouer au Scrabble avec
Klaus Barbie.
ou bien, à propos de ceux qui se plaignent pour un oui ou pour un non :
Les gens malheureux ne connaissent pas leur bonheur.
Charles vient de lire un livre d'Hannah Arendt sur
l'entrée des États-Unis
dans la Guerre du
Vietnam. Selon lui, ce livre montre que les
raisons invoquées pour cette entrée
en guerre étaient des mensonges.
Par exemple, grâce à des
rapports de la CIA,
les États-Unis savaient
que le Vietnam du Nord n'était
pas du tout intéressé
dans la conquête du Vietnam du Sud.
Les États-Unis savaient
donc que le Vietnam du Sud n'avait rien à craindre
de son frère ennemi du nord. Également, la
théorie des dominos
était une fable à laquelle la CIA ne croyait pas.
Et Laurent suppose que la véritable raison
de l'entrée en guerre des États-Unis
était de fixer l'opinion publique sur un
ennemi commun extérieur
pour masquer les dissensions intérieures de la nation.
Je profite de ce compte-rendu pour
faire le point de mes connaissances
et de mon sentiment sur le sujet.
Tout d'abord, je n'ai pas lu le livre
d'Hannah Arendt. Je ne conteste pas que ce livre
doit être intéressant à lire. En revanche,
j'estime que ce livre ne peut pas constituer
une réponse complète et définitive à la question
de l'entrée en guerre des États-Unis. Tous
les livres que j'ai lus sur le sujet exposent
un aspect partiel (et parfois partial) de cette
question. Je suis prêt à admettre que le livre
d'Hannah Arendt est impartial. En revanche,
je pense que, comme tous les autres livres
que j'ai lus sur la guerre du Vietnam,
il présente une vision partielle et que
c'est seulement en le confrontant à d'autres
sources que l'on pourra se constituer une
image un peu plus complète et en tirer une
opinion argumentée.
Un premier problème est de savoir quelle date
et quel événement constituent l'entrée en guerre
des États-Unis. Je ne tiens pas compte du 2 septembre
1945, jour où Ho Chi Minh a proclamé l'indépendance de
la République Démocratique du Vietnam, avec des
agents de l'OSS (Office of Strategical
Studies, le précurseur de la CIA) à ses côtés. À cette époque,
les États-Unis soutenaient la décolonisation et c'est
seulement lorsque la Chine continentale a basculé
du Kuo-Min-Tang vers le Parti Communiste Chinois que
les Américains se sont dit qu'entre les deux maux
que sont le colonialisme
et le communisme, il fallait choisir le moindre,
le colonialisme. Note : la présence des agents
de l'OSS est signalée page 9 de
The Vietnam War Day by Day. L'aide américaine
à Ho Chi Minh est également mentionnée dans la préface
de USAF et SNVAF au Sud/Vietnam, page 7
et dans Vietnam War Almanac
page 194.
À quelle date, disais-je, à l'occasion de quel événement,
les États-Unis sont-ils entrés en guerre contre
les Communistes ? Stanley Karnow, dans la
préface de Historical Atlas of the Vietnam War
montre que cela a été un processus progressif et il est difficile
de déterminer une date exacte pour cela. Ainsi, Karnow
indique que c'est Truman qui a fait le premier pas en 1950, en allouant
des subsides à la France pour la Guerre d'Indochine. Ce n'était
pas à proprement parler une entrée en guerre, mais c'était un
premier pas. La première implication militaire est due à
Eisenhower, qui a envoyé de l'aide militaire au Vietnam
du Sud dès janvier 1955. Kennedy a encore amplifié
l'aide militaire américaine et par exemple, c'est lors de sa présidence
qu'ont commencé les opérations d'épandage de défoliants. Mais traditionnellement,
on tend à fixer le début de la guerre à la Résolution
du Golfe du Tonkin, le 7 août 1964, qui faisait suite
à une attaque contre le destroyer Maddox, attaque,
soit dit en passant, dont la plupart de mes sources nient la réalité.
Qu'entend-on par cette expression « les États-Unis » ?
Les analystes de la CIA ?
Le président des États-Unis ?
Les Joint Chief of Staff ?
L'homme de la rue ?
Walter Cronkite ?
Prenons l'exemple de
Robert Mason,
un pilote d'hélicoptère qui a servi
au Vietnam et qui a écrit son autobiographie,
Chickenhawk.
En pages 46 et 47, il relate les quelques semaines
entre la fin de sa formation de pilote et son
départ pour le Vietnam.
Il y décrit ses contacts avec des pilotes revenant
du Vietnam (traduction par mes soins) :
Certains pilotes avaient servi au Vietnam. Ils nous
racontaient que vous pouviez vous procurer un
équipement stéréo à Saïgon pour le tiers du prix
que vous paieriez aux États-Unis. C'est tout ce
que je savais du Vietnam : c'était un bon
endroit pour acheter un équipement stéréo.
Bon, c'est vrai, il exagère un peu car quelques lignes plus loin, il évoque
les récits des mêmes pilotes racontant les combats
aux côtés des soldats de l'ARVN.
Voici donc ce qu'un militaire Américain pouvait dire du Vietnam
en 1965. Que dire alors d'un civil lambda ?
Il est impossible de considérer les États-Unis
comme un bloc monolithique doté d'un seul intellect
et donc d'un seul état d'esprit et d'une seule opinion.
Même si la CIA savait, cela veut-il dire que le Président
Johnson aurait écouté ? Remontons quelques années
avant la Résolution du Golfe du Tonkin et examinons
quelques événements qui ne font pas partie de la guerre
du Vietnam mais qui ont eu, je pense, une influence sur
cette guerre.
Le 1er mai 1960, un U-2 de la CIA, piloté par
Francis Gary Powers,
est abattu aux environs de Sverdlovsk (Iekaterinbourg maintenant).
Krouchtchev annonce au monde entier qu'un avion américain a été
abattu au-dessus du territoire soviétique, sans donner de détails.
Conseillé par la CIA qui l'assure que le pilote n'a pas
survécu et qu'il avait pour ordre de détruire
son avion et de se suicider, Eisenhower répond qu'il s'agit d'un
avion météo qui avait
dévié
de sa
trajectoire.
Puis Krouchtchev révèle que le pilote est bel et bien en
vie, que des équipements de l'avion ont pu être récupéré en assez
bon état, montrant sans aucune hésitation que l'avion servait
à faire de l'espionnage et non pas de la météo.
Mauvais karma pour Eisenhower, à cause de la CIA.
(À noter que Powers affirme ne jamais avoir reçu
d'ordre, ni même de consigne, de se suicider.
Qui croire ?)
En avril 1961, des anti-castristes soutenus par les
États-Unis débarquent à la
Baie des Cochons
à Cuba. Les combats qui s'ensuivent sont un fiasco pour les
forces anti-castristes. Mauvais karma pour Kennedy. L'opération
avait été planifiée par la CIA.
En octobre 1962, des reconnaissances aériennes montrent que les
Cubains sont en train d'installer
des batteries de
missiles
sur leur territoire. Kennedy ordonne un blocus
naval de Cuba. Les soviétiques cèdent. Bon karma pour Kennedy.
Les reconnaissances aériennes ont été assurées par la CIA
(un peu), par l'US Air Force (beaucoup) et par l'US Navy
(beaucoup aussi). Et le blocus a été assuré par l'US Navy.
Et maintenant, nous arrivons au mois d'août 1964.
Comme nous le raconte Charles en extrayant un élément
du livre d'Hannah Arendt, la CIA avait conclu que le
Vietnam du Nord n'avait pas de visées sur le Vietnam
du Sud. À l'inverse (c'est une supposition de ma
part), les forces armées américaines
avaient plutôt intérêt à présenter la situation
vietnamienne comme étant préoccupante, voire dangereuse.
Cela permettait ainsi de justifier la présence de nombreux
conseillers militaires et de renouveler les crédits pour
ces conseillers. À qui le président Johnson a-t-il accordé
sa confiance, compte tenu des événements des quatre
années précédentes ?
Un autre élément d'appréciation dans la Résolution
du Golfe du Tonkin. 1964 était une année électorale
aux États-Unis. Johnson subissait les attaques continuelles de
Goldwater,
qui l'accusait d'être mou vis-à-vis
des communistes. En faisant passer la Résolution du
Golfe du Tonkin, Johnson montrait qu'il savait
défendre les valeurs américaines contre les hordes
bolcheviques. Et il a été réélu. Le but principal
de la Résolution du Golfe du Tonkin a donc été
obtenu. Dommage que l'effet secondaire ait été
des dizaines de milliers de morts chez les Américains
et des centaines de milliers de morts chez
les Vietnamiens, auxquels il faut ajouter tous les blessés
et mutilés des deux camps, ainsi que les intoxiqués par
les défoliants, mais que ne ferait-on pas
pour être élu ou réélu ?
Charles a mentionné le fait que le Nord-Vietnam
n'était pas impliqué dans les luttes du Sud-Vietnam
et du Viet-Cong avant l'arrivée des Américains. Pour pouvoir élaborer une opinion sur
cette affirmation, il me faudrait les termes exacts employés
par Hannah Arendt. Si la phrase était : « L'armée
du Nord-Vietnam n'était pas impliquée dans les combats
avant l'arrivée des Américains. », je suis
d'accord, car dans mes sources, je n'ai vu aucune mention
d'un combat avant 1964 auquel des troupes du Nord-Vietnam
auraient pris part. Et assez peu entre 1964 et l'offensive
du Têt en janvier 1968. Si la phrase était : « L'état
du Nord-Vietnam n'était pas impliqué dans la lutte du
Viet-Cong contre le gouvernement du Sud-Vietnam. », alors c'est
en contradiction avec mes sources. Par exemple, la piste Ho-Chi-Minh,
qui a servi de source logistique pour le Viet-Cong
date de 1959 et est l'œuvre du groupe de Transport 559 de l'armée du
Nord-Vietnam (Historical Atlas of the Vietnam War
page 70, The Vietnam War Day by Day page 19).
D'autre part, l'organisation Viet-Cong, dont le véritable
nom est « Front de Libération Nationale », a été
créée par le Politburo du Nord-Vietnam le 20 décembre 1960.
Cf. The Vietnam War Day by Day page 20 et
Historical Atlas of the Vietnam War page 72.
Donc, si le Nord-Vietnam n'était pas impliqué militairement
dans la lutte au Sud-Vietnam, il tirait quand même les ficelles.
La théorie des dominos
était un mensonge ou une fiction. Voici ce que dit à ce propos Jason Matthews,
l'un des concepteurs du jeu
Twilight Struggle
déclare :
Twilight Struggle part du principe que toute la logique interne de la
Guerre Froide est véridique -- même certains de ses aspects dont on
peut démontrer le contraire. [...] Non seulement la théorie
des dominos fonctionne mais c'est une condition à l'extension de
l'influence dans une région.
(traducteur inconnu, traduction disponible sur le site de GMT Games)
Donc, voici une opinion contre.
Mais alors, comment expliquer alors que le Cambodge et le Laos sont tombés aux mains
des Khmers Rouges et du Pathet Lao quelques semaines
après la chute de Saïgon ? Et en dehors de l'Indochine,
que dire, par exemple, du Tibet ?
Cela ferait penser que la théorie des dominos avait quand
même quelques fondements réels.
D'un autre côté, il faut reconnaître que le Vietnam
n'était pas « aligné » avec la Chine.
Dans L'Innocence Perdue, Neil
Sheehan raconte à la page 473 ce qui est arrivé
à un journaliste, Ramsey, lorsqu'il a été capturé
par des Nord-Vietnamiens. Pendant sa longue
marche vers son lieu de détention, Ramsey a discuté avec
ses gardiens et la conversation a rapidement abordé
la question de la présence des Américains au Vietnam.
Ramsey a expliqué que les Américains
étaient là pour empêcher les Chinois
de s'étendre sur le continent. Les gardiens vietnamiens
ont alors répliqué qu'ils pouvaient se charger
des Chinois sans avoir besoin de l'aide d'une
nation étrangère. De fil en aiguille, Ramsey a été
impressionné par le nationalisme de ses gardiens
et par leur détermination contre les étrangers, à
commencer par les Chinois. Sheehan conclut ce passage
avec :
Dans l'esprit de Ramsey, la justification géopolitique selon laquelle
les États-Unis freinaient l'expansion de la Chine en s'en prenant au
Vietnam avait été « réduite en cendres ». Il lui semblait que les
Américains n'avaient pas besoin d'aller chercher plus loin que leurs
ennemis communistes vietnamiens pour dresser la meilleure barrière
naturelle contre l'expansion chinoise dans le Sud-Est asiatique.
(traduction de Roland Mehl et Denis Beneich).
Et effectivement, il y a eu une guerre entre la Chine et le Vietnam
en 1979 (Historical Atlas of the Vietnam War page 208,
Vietnam War Day by Day page 217). On peut donc dire que le domino
chinois, malgré sa taille, n'était pas en mesure de faire basculer
le domino vietnamien.
La guerre du Vietnam
aurait eu pour but le même but qu'un certain
nombre de guerres : fournir à une nation
un ennemi extérieur, ce qui a généralement pour résultat
de faire taire les dissensions intérieures.
À la réflexion, je n'y crois pas. Les Américains
avaient déjà un ennemi commun : les communistes,
qu'ils soient soviétiques, chinois, européens
ou autres. Se focaliser sur les communistes
du sud-est asiatique n'apportait rien.
D'autre part, les Américains avaient aussi
un but positif à poursuivre : la conquête de
l'espace. Pas seulement par concurrence vis-à-vis
des communistes soviétiques, mais aussi dans un
esprit de découverte et de conquête.
De plus, focaliser la nation contre un ennemi extérieur
pour oublier les dissensions internes ne fonctionne pas et on le savait depuis
une vingtaine d'années. Je ne parle pas de
VidkunQuisling,
de Vlassov,
des collabos, de la LVF ou des
Oustachis,
je parle de quelques cas où des mouvements
de résistance ont retourné leurs armes contre d'autres
mouvements de résistance. Ainsi, la Chine occupée par
les Japonais était le siège de combats entre le Kuo-Min-Tang
et le Parti Communiste Chinois. Notons que
The Arab-Israeli Wars, the Chinese Civil War and the Korean War, page 51
attribue le déclenchement de ces hostilités au Kuo-Min-Tang, tandis que
World Almanac of World War II page 570 (biographie de Mao Tsé-Toung)
l'attribue à Mao.
Également, le général Mihajlović, un Yougoslave royaliste,
commandait le mouvement de résistance des Četniks. Et pour
cela, il avait le soutien des Anglais, des Américains et
même des Soviétiques (je ne dis pas que les Soviétiques ne préféraient
pas Tito, mais je dis que Mihajlović était apprécié des Soviétiques).
Sauf qu'à un moment, Mihajlović a décidé que l'occupation
allemande n'était pas si dramatique que cela et qu'il fallait
plutôt buter les communistes de Tito.
Heureusement, les Anglo-Américains ont appris cela
(avec quand même plusieurs mois de retard) et ils ont
reporté sur Tito le soutien accordé jusque-là à Mihajlović.
Voir World Almanac of World War II, page 572.
Il est même possible de trouver des exemples plus anciens
que cela, en remontant à l'occupation romaine de
la Palestine. C'est ainsi que le Front du Peuple
de Judée et la Campagne pour la Galilée Libre se sont
mutuellement annihilés, après avoir failli unir leur
force contre leur ennemi commun, le Front du Peuple Judéen.
Bibliographie sur l'Empire Romain
The Life of Brian, Monty Python Scrapbook, Monty Python, édition Mandarin.
ISBN 0-7493-0997-0.
Bibliographie sur la Seconde Guerre Mondiale
World Almanac of World War II, sous la direction du général
de brigade Peter Young, édition Bison. ISBN 0-88687-712-1.
The Arab-Israeli Wars, the Chinese Civil War and the Korean War,
sous la direction de Thomas E. Griess, Avery Publishing Group Inc.
ISBN 0-89529-322-6 pour le texte en couverture rigide, 0-89529-274-2 pour le
texte en couverture souple et 0-89529-320-X pour les cartes.
Bibliographie sur la guerre froide
Operation Overflight par Francis Gary Powers assisté
de Curt Gentry, Brassey's Inc., 2004. ISBN 1-57488-422-0.
Air Wars and Aircraft par Victor Flintham, Arms and Armour, 1989.
ISBN 0-85368-779-X.
Twilight Struggle, par Ananda Gupta et Jason Matthews, GMT Games 2005.
Aucun ISBN indiqué.
Bibliographie sur la Guerre du Vietnam
L'Innocence Perdue, de Neil
Sheehan auteur, Roland Mehl et Denis Beneich traducteurs, traduction de A Bright Shining Lie
Seuil 1990. ISBN 2-02-012189-1, ISBN original 0-394-48447-9.
Historical Atlas of the Vietnam War, par
Harry G. Summers Jr, Houghton Mifflin Company, 1995.
ISBN 0-395-72223-3.
The Vietnam War Day by Day, sous la direction
de John S. Bowman, Bison Group 1989. ISBN 0 86124575 X.
Chickenhawk par Robert
Mason, Penguin Books 1984. ISBN 0 14 00.7218 7.
USAF et SNVAF au Sud/Vietnam par Jean-Pierre Hœhn,
collection Docavia, éditions Larivière, dépôt légal juin 1988.
Aucun ISBN indiqué.
Vietnam War Almanac par
Harry G. Summers Jr, Facts on File Publications, 1985.
ISBN 0-8160-1017-X (couverture rigide) ou 0-8160-1813-8 (couverture souple).
Auxquels il faut ajouter le livre d'Hannah Arendt, que je n'ai pas
lu. Il doit être au moins aussi intéressant que chacun des livres
précédents isolément, mais moins que la synthèse de ces livres.